La circularité pour sécuriser l’accès aux ressources
- Publié le 4 février 2026
La circularité des matériaux s’impose aujourd’hui comme une approche stratégique concrète pour les entreprises qui souhaitent à la fois mieux maîtriser leurs coûts, sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement et répondre aux attentes croissantes en matière de durabilité.
Plus qu’un simple ajustement opérationnel, la circularité offre l’occasion de repenser en profondeur nos façons de produire, de consommer et de récupérer les matières. Pour y parvenir, il faut toutefois accepter de transformer nos pratiques et nos modèles d’affaires.
Bien plus que le recyclage
Adopter une approche circulaire, c’est sortir du modèle linéaire « extraire – fabriquer – jeter ». Il s’agit plutôt de maintenir les matériaux en circulation le plus longtemps possible, en maximisant leur valeur par la réutilisation, la réparation, le recyclage et la transformation.
Qu’il s’agisse de plastique, d’aluminium, de cuivre, de verre ou de tout autre matériau, la circularité permet de réduire la dépendance aux matières vierges, souvent coûteuses, importées et à forte intensité carbone. Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, cette approche devient un véritable levier de résilience.
Un changement devenu nécessaire
Mettre en œuvre la circularité à grande échelle exige un changement fondamental dans la gestion des ressources. De nombreuses entreprises font encore face à un manque de visibilité sur leurs flux de matières, leurs interdépendances opérationnelles et leur réel potentiel de récupération.
À cela s’ajoute un décalage important entre la demande croissante pour des matériaux à faible empreinte carbone et une offre encore limitée de matières recyclées de qualité. Pourtant, les gisements sont bien présents : équipements en fin de vie, rejets industriels, produits de consommation, matériaux de construction, etc. Autant de ressources qui demeurent largement sous-exploitées.
Des opportunités économiques bien réelles
Au-delà des bénéfices environnementaux, la circularité génère des retombées économiques tangibles. Dans plusieurs cas, l’utilisation de matériaux recyclés, comme l’aluminium secondaire, s’avère moins coûteuse que l’extraction et la transformation de matières vierges.
Elle permet également de concevoir des produits distinctifs, mieux alignés avec les attentes des consommateurs. Sans compter que les politiques favorisant l’utilisation de matériaux recyclés et la réduction des déchets prennent de l’ampleur, tant au Québec qu’à l’international.
Pour certains matériaux critiques, comme le cuivre, la circularité n’est d’ailleurs plus une option. Elle devient essentielle pour répondre à la demande et soutenir la transition énergétique.
Comment accroître la circularité dans vos approvisionnements?
Passer de l’intention à l’action nécessite une approche structurée et collaborative. L’augmentation des taux de collecte constitue un levier central. Cela implique de mieux capter les flux issus des matières résiduelles de toute sorte, encore trop peu récupérés.
La collaboration entre les acteurs de la chaîne de valeur est également déterminante. Nouer des partenariats avec d’autres entreprises, fournisseurs, recycleurs, municipalités ou centres de tri permet de mutualiser la demande, de partager les risques et d’améliorer la rentabilité des opérations de tri et de transformation.
Le développement de filières spécialisées est tout aussi stratégique. En investissant dans des infrastructures et des partenariats locaux, les entreprises peuvent sécuriser leur accès à des matières secondaires tout en contribuant au dynamisme de l’économie circulaire régionale.
Miser sur l’innovation et les technologies avancées
La circularité repose enfin sur l’innovation. Les avancées en matière de tri automatisé, de démantèlement des équipements complexes et de valorisation des plastiques et des métaux permettent désormais de produire des matières recyclées de haute qualité, comparables aux matières vierges.
En soutenant le déploiement et la mise à l’échelle de ces technologies, les entreprises peuvent réduire leur empreinte carbone, accéder à de nouveaux gisements de matériaux et renforcer leur compétitivité. Le Québec, grâce à son écosystème d’innovation et à son expertise industrielle, est bien positionné pour jouer un rôle de leader dans ce domaine.
Une approche circulaire tournée vers l’avenir
La circularité n’est plus une question de « pourquoi », mais de « comment ». Face aux enjeux climatiques, à la pression sur les ressources et aux attentes des marchés, elle s’impose comme un pilier incontournable de la pérennité des entreprises.
En intégrant la circularité au cœur de leur stratégie, les organisations québécoises peuvent réduire leur empreinte environnementale, sécuriser leurs approvisionnements et créer de la valeur. Une transition exigeante, certes, mais dont les bénéfices se feront sentir bien au-delà du court terme.

