Priorités des entreprises et les objectifs de développement durable

  • On 28 février 2019

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à aborder des enjeux de durabilité dans leur stratégie d’affaires et dans leur rapport annuel. Certaines poussent encore plus loin en arrimant leur culture d’entreprise avec les objectifs de développement durable (ODD) de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Mais, cet engagement à promouvoir une gestion organisationnelle respectant la société et l’environnement est-il réellement intégré et ancré dans leurs pratiques quotidiennes?

 

Les objectifs de développement durable de l’ONU

Avant de discuter de la relation que les entreprises entretiennent avec les objectifs de développement durable, regardons d’abord à quoi correspondent ces derniers. Il y a 17 ODD qui ont tous été adoptés par les pays membres de l’ONU en 2015 afin de les appeler à l’action dans divers enjeux. Ceux-ci vont de l’éradication de la pauvreté et de la faim dans le monde, jusqu’à la lutte aux changements climatiques, en passant par l’accès à une éducation de qualité, l’égalité des sexes, l’énergie propre à un coût abordable, etc. Ces objectifs sont un guide pour atteindre un avenir meilleur pour tous.

 

La relation entre les ODD et les entreprises

Chaque acteur de la société a un rôle à jouer pour contribuer à la réussite de ces objectifs, ce qui inclut les entreprises. La firme PricewaterhouseCoopers s’est penchée sur la question. Selon l’une de leurs récentes études auprès de 729 entreprises, 72 % d’entre elles font mention des ODD dans leurs rapports annuels.

Ce qui paraît très bon à première vue. Près du deux tiers des répondants semblent être engagés envers le développement durable. Le bémol, c’est qu’il n’y a seulement que 50 % des répondants qui ont identifié l’un des ODD comme une priorité. Et, seulement 27 % d’entre eux affichent des cibles à atteindre selon un indicateur de performance.

Selon une autre étude, celle-ci de l’ONU, sur 40 multinationales affichant une préoccupation plutôt marquée envers les ODD, 84 % d’entre elles s’intéressent à la durabilité dans le but de maximiser leurs propres intérêts, par exemple en permettant une croissance accrue par une meilleure image et une meilleure réputation.

Il y a donc beaucoup de belles paroles sans réelle prise d’action majeure dans une majorité de cas. Les actions fixées par les entreprises dans les différents ODD sont la plupart du temps plutôt timides et sans indicateur. Sans mesure, sans barème, il n’y a pas de contrôle possible et il est impossible de vérifier si les actions encourues amènent les résultats souhaités. Encore pire s’il n’y a aucune reddition de compte pour évaluer leur progression par rapport aux enjeux visés.

 

Être crédible dans sa démarche

Pour être crédible en matière de développement durable, une entreprise doit rendre publique une politique décrivant ses objectifs, accompagnés de cibles à atteindre avec des indicateurs de performance. Et, un bilan annuel doit être disponible pour constater les avancées (ou les reculs) pour chacun des objectifs, chiffres à l’appui.

Il est bien que de plus en plus d’entreprises commencent à aborder la notion du développement durable dans leur pratique d’affaires. Par contre, celles-ci doivent s’assurer d’être crédibles lorsqu’elles avancent ce discours et non seulement essayer de tirer profit d’une bonification de l’image. Il est nécessaire de demeurer vigilant et de ne pas louanger la première entreprise venue qui nous parle de développement durable sans avoir préalablement examiné ses dires.